mardi 13 avril 2010

Julienne Honorine Eyenga Fouda : Récompensée pendant sept années successives

Première Miss Cameroun en 1960, la sexagénaire parle de ses années de gloire et jette un regard critique sur les autres éditions.

Elle a encore le souvenir de cette nuit de janvier 1960 où elle fut sacrée première Miss Cameroun sous les ovations de Germaine Ahidjo ex- Première Dame. Pourtant, il y a 50 ans que tout cela s’est passé. Malgré ses 68 ans et le fait d’avoir perdu cinq enfants, Julienne Honorine Eyenga Fouda Epouse Ayissi Ntsama et maman de Chantal Ayissi, Iman Ayissi et Ayissi Leduc garde encore le sourire. Ce dimanche 11 mars 2010, elle est vêtue d’un kaba décolleté et d’un foulard de couleur jaune. Avant de parler, elle tient d’abord à donner son point de vue sur les différentes élections de Miss Cameroun, notamment celle qui s’est déroulée le samedi 10 avril dernier au Palais des Congrès de Yaoundé. « A aucun moment, je n’ai été convoqué par qui que ce soit pour apporter ma contribution en tant que doyenne des Miss à cette élection. Je pense que si le comité d’organisation ainsi que le ministère de la Culture associaient à elles-mêmes les anciennes Miss à l’évènement, les choses seraient plus belles. J’aimerais réunir toutes les anciennes Miss au lendemain de la célébration du cinquantenaire afin que nous parlons de nos problèmes », lance-t-elle, l’air résolu.

La doyenne des Miss pense qu’après leur sacre, celles-ci sont abandonnées à elles-mêmes et ne bénéficient aucun soutien du ministère de la Culture. « En ce qui concerne les organisateurs, d’après ce que je vois aujourd’hui, je me rends compte qu’ils sont plus motivés par leurs intérêts personnels que par celui des Miss. Généralement, après les cérémonies, elles sont abandonnées à elles-mêmes. Or, après mon sacre en 1960, j’ai reçu des primes en espèces sept années successives de l’ancienne Première Dame Germaine Ahidjo. En novembre 2008, j’ai également reçu de l’actuelle Première Dame, Chantal Biya, une enveloppe d’un million de Fcfa », raconte-t-elle. Sa prestigieuse couronne de Miss Cameroun lui a ouvert les portes de l’embauche au sein de la défunte compagnie aérienne Air Afrique en tant qu’hôtesse de l’air. A la mort de cette compagnie, elle a été contractualisée à la Camair. Elle n’oublie pas son incarcération à la prison centrale de Nkondengui en 1978 pour avoir été injustement accusée d’avoir introduit du canabis dans l’avion présidentiel. En 198Æ0, elle est innocentée par le Tribunal militaire du Centre mais perd son boulot à la Camair. « Jusqu’alors, je n’ai jamais été réhabilitée. Aujourd’hui, je me bats et fais ce que je vois », se console-t-elle.
Née le 1er septembre 1942 à Nomayos, village situé non loin de Nbankomo dans la Mefou et Akono, mariée à l’ancien champion du Cameroun de boxe Jean-Baptiste Ayissi Ntsama, elle est également grand-mère et arrière-grand-mère.

Rosine Nana Motio

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Miss Cameroun 2010 : le jury désigne Marie Barbara Matagnigni


L’étudiante de 19 ans remplace Anne Lucrèce Ntep. Le député Daniel Abaté a su faire durer le suspense. En tant que président du jury,
c’est à lui qu’est revenu l’honneur de déclarer la gagnante de la 7 ème édition du concours miss Cameroun. Après avoir prononcé les noms des trois dauphines, il improvise un discours. Dans la foulée, il annonce que la couronne de la miss va appartenir à toutes les candidates, car elles sont toutes belles. Pendant ce temps, le public qui attend le nom de l’élue depuis 21h la veille, s’impatiente. Il est environ 3h30 ce dimanche 11 avril 2010. Certains spectateurs demandent au député d’abréger son discours. D’autres s’agitent sans cesse. On croise les doigts. Sur le plateau particulièrement décoré pour la circonstance, 18 jeunes filles petillantes de beauté, toutes habillées en robe de soirée de couleur rouge, attendent le verdict. Leurs cœurs battent à tout rompre, mais elles ont l’air serein.

Quand Daniel Abaté prononce enfin le nom Matagnigni, une grande partie du public explose de joie. Les cris et youyous empêchent d’ailleurs plusieurs personnes de suivre les prénoms de l’élue. C’est quand celle-ci se démarque de ses coéquipières et se place en avant que le public apprécie à nouveau la beauté de la Miss Cameroun 2010. Marie Barbara Matagnigni affiche alors un sourire rayonnant et le public exulte de plus belle. Les 17 autres lauréates sur le plateau gardent le sourire. Probablement une instruction du Comité d’organisation de miss Cameroun (Comica). Mais, dans les yeux de certaines, on peut lire la déception.

Les 7 membres du jury ont jeté leur dévolu sur la deuxième dauphine de la région de l’Ouest âgée de 19 ans. Marie Barbara est étudiante en droit à l’Université de Yaoundé II. Invitée d’honneur, c’est Rosette Marie Mboutchouang, la mère de Chantal Biya, Miss Doumé dans sa jeunesse, qui a été désignée par le Comica pour remettre la couronne à Miss Cameroun 2010.

La soirée qui s’est ainsi achevée a été ponctuée par diverses prestations des candidates. Elles ont dansé au rythme des musiques traditionnelles de leurs régions respectives. Le public s’est aussi régalé des tenues vestimentaires des lauréates, à savoir les tenues traditionnelles, les maillots de bain et les robes de soirée. Les filles, à travers des chorégraphies organisées, ont rendu un hommage à Michaël Jackson et à Marc Vivien Foé, qui, de son vivant, s’était disposé à toujours soutenir l’organisation de l’élection de Miss Cameroun. L’artiste invité de cette soirée était Charman M.

Cette année, 21 candidates, en raison de trois filles par région, étaient en compétition. Particularité de cette 7e édition, les régions de l’Adamaoua, du Nord et de l’Extrême-Nord ont été regroupées en un ensemble Grand-Nord. Tout comme le Centre et le Sud ont représenté une seule région. Le directeur général du Comica, Dénis Roger Mbouemboue, explique que ces regroupements se font à cause du manque de financements pour se rendre dans toutes les régions du pays pour les présélections.

Les critères de sélection de Miss Cameroun

- Etre de nationalité camerounaise;
- Etre de bonne moralité (profil psychologique favorable);
- Etre originaire de la localité des présélections;
- Savoir s'exprimer en langue locale, en français et anglais;
- Etre âgée de 18 à 28ans;
- Etre scolarisée;
- Avoir une bonne présentation physique (cheveux. ongles, peau...);
- Etre célibataire sans enfant:
- Avoir 1m70 pieds nus
- Etre naturelle (cheveux, ongles, peau ...) Etre belle (bonne présentation physique): Maîtriser les us et coutumes de sa localité

Écrit par Beaugas-Orain Djoyum

Le Jour

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lundi 12 avril 2010

Charlotte Dipanda : « Je ne fais pas cette tournée pour gagner de l’argent »


La chanteuse parle de son Mboa Tour, de sa consécration aux Canal d’or comme artiste féminin 2009 et de ses projets après son premier album « Mispa ».
Vous avez donné le 2ème concert de votre tournée vendredi soir au Ccf de Yaoundé. Plusieurs personnes qui avaient acheté des billets n’ont pas pu avoir accès à la salle du Ccf, qui s’est révélée étroite. Y a-t-il eu un problème d’organisation ?
Il n’y a pas eu un problème d’organisation, mais une sorte d’émulation autour de ce concert-là. N’ayant jamais travaillé avec moi, le Ccf de Yaoundé ne savait pas du tout à quelle artiste il avait affaire. Du coup, l’intérêt qu’a porté le public à cet évènement les a mis face à une situation telle qu’ils ont dû rapidement trouver une solution au problème, qui a été de faire deux concerts le même soir. Ca partait d’un bon sentiment, mais je leur ais dit que même si j’en ai l’habitude, j’ai peur que les gens que je vais recevoir au deuxième concert n’aient pas vraiment Charlotte entière. Je leur ai donc proposé d’organiser un spectacle pour le lendemain, samedi, à 14h.

Après Douala et Yaoundé, vous serez à Buéa le 13, à Bamenda le 15, à Dschang le 17, à Garoua le 21 et à Maroua le 23… Le rythme est effréné et vous voyagez par la route. Vous sentez-vous capable de tenir le coup ?
On a quand même deux jours entre les évènements, ce qui me permet de récupérer après chaque concert. Je suis assez consciencieuse et professionnelle. Je suis au Cameroun pour ces concerts, je m’y consacre vraiment. C’est pour cela que je n’arrive pas vraiment à suivre avec les plans médias. C’est très éprouvant, un concert. On ne s’en rend pas compte, mais il faut beaucoup dormir, se reposer. De toutes les façons, il n’y a pas d’autre secret, c’est le seul médicament de la voix. Et quand on n’a pas dormi un minimum de temps, on a beau boire toutes les potions magiques, ça ne marche pas.

Pourquoi faire une tournée camerounaise uniquement dans les Centres culturels français et dans les Alliances franco-camerounaises ?
Ils m’ont sollicité. J’avais expliqué à Hubert (Hubert Maheux, directeur du Ccf de Yaoundé, ndlr) que tout au long de l’année 2009, j’ai eu plein de messages de jeunes étudiants qui ont pu se procurer le Cd d’une façon ou d’une autre parce qu’il coûte quand même 10 000 francs, ce qui n’est pas rien pour un Camerounais moyen. Je suis souvent venue au Cameroun pour des concerts vraiment hors de prix : 10 000, 20 000, 50 000 francs… J’ai voulu aller sur les routes pour ces jeunes-là, même si, au final, ce n’est pas seulement les jeunes qui viennent me voir en concert. Je ne me suis jamais considérée comme une chanteuse Vip, je n’aimerais pas que le public pense que je suis inaccessible. Or, les Alliances nous permettent d’avoir des concerts à des prix abordables (2000Fcfa, ndlr). A Buéa, ce sera encore moins cher : 1000Fcfa. Je ne fais pas cette tournée pour gagner de l’argent, je tiens à le dire. Je veux aller vers mon public, où qu’il soit, jeune ou adulte. Mon planning me permettait de pouvoir me lancer sur les routes pendant un mois au Cameroun. Peut-être que demain, je n’en aurais plus le temps, même si je veux le faire. Et je le fais avec beaucoup de plaisir.

Vous avez été sacrée meilleur artiste féminin de l’année 2009 aux Canal d’or. Comment avez-vous accueilli cette consécration ?
Pour moi, c’est la plus grande des consécrations, c’est plus important que tout. C’est tellement important que je n’arrive pas à exprimer ma joie. Je ne m’y attendais pas. Cette consécration vient assoir le travail qui a été fait jadis en studio avec tous les musiciens et tous ceux qui, comme Jeannot Hens, ont cru en moi. Il y a eu une véritable démarche artistique que mes pairs et le public camerounais reconnaissent au travers de l’album Mispa, et pour moi, c’est extraordinaire.

En sortant Mispa, vous attendiez-vous à un tel succès ?
Vous ne vous rendez pas compte ! Moi, je sors mon album. Le plus important c’est qu’on comprenne ce que je vais faire, que les gens s’y intéressent. Je ne vois pas que cet album aura une telle place dans l’univers musical camerounais. Finalement, ce n’est pas plus mal. Comme ce n’était pas du tout calculé, je savoure d’autant plus le plaisir de ces Canal d’or et de toutes les autres consécrations que j’ai eues cette année à Rts, et, on m’a dit, à Fomaric. Pour cet album, on a raflé tout ce dont on pouvait rêver. Du coup, 2009, c’était l’année Mispa.

Après cette tournée, quels sont vos projets ?
Après cette tournée, je vais véritablement me poser. Ca fait un moment que je suis sur les routes et, depuis 2009, je ne me suis pas vraiment reposé. J’ai un fils qui a quatre ans, il vit en France avec son père, il va à l’école, il a aussi besoin de sa mère. Je vais pouvoir composer aussi, voir les perspectives qui me seraient proposées pour le prochain album.

Vous rêviez de chanter avec Richard Bona...

Ce rêve a déjà été réalisé. Richard Bona m’a proposé de faire une première partie. Elle a été faite il y a près de trois semaines à Saint Etienne. J’ai même pu, sur scène, faire deux duos avec lui. Il faut y croire. Il y a des projets de collaboration concrète sur un album avec Richard, c’est pour très bientôt.

Écrit par Stéphanie Dongmo 

Le Jour

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vendredi 9 avril 2010

CULTURE Vendredi 9 Avril 2010 Les précisions de Jean Paul Zé Bella : «Il faut que les droits suivent »

Les précisions de Jean Paul Zé Bella, chef du groupe Zangalewa.

Comment avez-vous accueilli la nouvelle de la reprise de votre chanson par Shakira ?

Avec un sentiment de fierté, parce que Shakira est une icône de la musique mondiale. Ça nous fait vraiment plaisir. Ça démontre ainsi le sérieux de notre groupe par rapport aux musiques que nous avons développées quand nous étions ensemble. C’est quelqu’un qui m’appelle de France pour me l’annoncer samedi passé. Je dis à Shakira merci. Mais, il faut que les droits suivent. Si cela est fait, moi je pense que c’est un honneur pour le Cameroun, les militaires et les Zangalewa en particulier.

Que comptez-vous faire ?

Nous ne pouvons prendre les armes pour lui tirer dessus alors qu’elle est en train de préparer quelque chose de bien pour nous. D’ailleurs, nous avons pu joindre quelqu’un en Afrique du Sud aujourd’hui (hier, Ndlr) et les pourparlers sont en bonne voie s’agissant des droits d’auteurs. Et au-delà de cela, je pense que c’est un signe qui annonce de bonnes choses pour les Lions indomptables. Je me dis que si elle a choisi une chanson camerounaise après avoir reçu la mission de composer cet hymne, c’est parce que notre équipe de football peut créer une grande surprise dans ce Mondial. Pour moi c’est un signe important de bonheur pour le Cameroun par rapport à cet événement. Et on dit que les signes ne trompent pas.

Qui a véritablement composé la chanson?

La chanson « Zangalewa » provient des tirailleurs camerounais qui avaient créé un argot pour mieux communiquer entre eux durant la Seconde Guerre mondiale. C’est ainsi qu’ils mimaient déjà ce rythme. Nous sommes donc les premiers arrangeurs compositeurs de cette chanson qui peut être considérée comme faisant partie du patrimoine national militaire camerounais. Nous chantions ainsi pour la liberté en Afrique. Les propriétaires des droits de cette chanson sont les membres du groupe, c'est-à-dire Emile Kojidie, Victor Dooh Belley et moi. Nous ne pouvons en bénéficier sans penser aux autres intervenants comme Annie Anzouer et tous les autres.

Il se dit que Shakira n’est pas la seule à avoir repris le titre…

Oui. La première fois, elle avait été reprise par un film américain. Ça m’a fait plaisir aussi. Mais je pense que dans la vie, chacun joue sa carte. Ma partition, c’est d’écrire les chansons et de les chanter. La société des droits d’auteur, le ministère de la Culture pourraient nous suivre. Nous sommes vraiment impuissants pour aller aujourd’hui aux Etats-Unis revendiquer nos droits. Il y a au moins une trentaine de groupes de par le monde qui ont repris les Zangalewa. Les journalistes de la radio Siantou ont des bandes dessus.

Que devient Zé Bella aujourd’hui ?

Je suis allé à la retraite à 50 ans en 2002 après 30 ans de métier à la garde présidentielle. C’était à ma propre demande, pour m’occuper de moi et ma famille. Depuis, je fais de la musique, j’écris des films. L’année dernière, j’ai travaillé sur la chanson «Mathématik» de Petit pays. Il n’y a pas eu réparation jusqu’aujourd’hui. Donc, je me dis qu’avec cette icône de la musique mondiale, les choses peuvent s’arranger pour moi.

Propos recueillis par H.M.T

Cameroon Tribune

http://www.cameroon-tribune.cm/article.php?lang=Fr&oled=j08042010&idart=62618&olarch=

Charlotte Dipanda doublée par ses fans


La première date du Mboa Tour, mercredi soir à Douala, a viré à la fête avec un public qui a repris les titres de la chanteuse. Le rang est long de vingt à trente mètres. Les portes du Castel Hall s’ouvrent.

Le Centre culturel français a délocalisé. Et une horde de mélomanes s’engouffre dans la salle climatisée. C’est bientôt plein. 1 000 personnes ?Sans doute davantage. Des chauffeurs de salle, d’on ne sait où, poussent la chansonnette. Impatient, le public donne la réplique. Hum… ça promet. Et vers 21 heures, Nana Payong, admirateur parmi les admirateurs de celle que le public attend, annonce Charlotte Dipanda.

Et Cléopâtre, oh pardon, Charlotte Dipanda apparaît. Hiératique dans ses atours de reine égyptienne. Et l’hystérie s’empare de fans à genoux et, en tout cas, aux pieds de l’artiste. Cris, youyou et vivats réchauffent l’atmosphère quasi réfrigérée par les grands splits. Ça fuse de partout. Et lorsque Cléopâtre, oh pardon, Charlotte Dipanda lance « Mbasan », Gaëlle Wondje, la choriste de ce soir, en perd ses gammes. La chorale spontanée du public prend les devants et on n’entend plus qu’elle. Tiens, a-t-elle répété avant le spectacle ? Mieux que ça.

Voilà des mois entiers que les chansons de madame Dipanda font un tabac. Ça marche tellement bien que messieurs les rapetous, alias les pirates, ont flairé l’aubaine. A quelque chose malheur est bon. L’égérie de feu Jeannot Hen’s a gagné en réputation et est nominée plusieurs fois aux Canal d’or, ce week-end. L’auditoire est largement jeune, de la tranche d’âge même de la chanteuse. Mais on voit là « des gens qui ne viennent jamais au concert », s’amuse quelqu’un.
Ça vire au carnaval, tant les spectateurs sont à l’unisson de la chanteuse. Au fur et à mesure que les chansons s’égrènent, le public talonne son étoile et ne la lâche pas. Il pousse des cris d’orfraie, se trémousse, monte sur le podium. Il connaît les paroles de chaque titre
etles reprend avec une fidélité et une assiduité qui étonnent. « Ndutu ndema », « Elle », « Mbebi », « Bwel », « Ala wone », « Longuè », « Encore une fois », « Eyaya », etc. Des troubadours font le show, avec la ferme intention de « manger tous leurs 5 000 ». Le prix qu’il fallait payer pour ce concert à guichets fermés.

Sur la scène, Charlotte Dipanda déroule son récital de ce makossa soft ouvert sur le monde. Soutenue par Arthur Monga à la basse, Petit Jean Abanda à la batterie et Julien Pestre, dit Dipita à la guitare. Le registre de la chanteuse est bien connu. Fille de l’acoustique world music, éperonnée par Jeannot Hen’s et de Lokua Kanza, l’ancienne choriste a fait de la voix son instrument. La vocaliste a le loisir de s’amuser et étale ses capacités dans des envolées et exercices vocaux dont elle se sort assez bien. ça se voit, le public repart content. Et surtout les troubadours : « On a mangé tous nos 5 000 avec le cadeau ». Charlotte Dipanda est en concert ce soir au Ccf de Yaoundé.

Stéphane Tchakam


Charlotte Dipanda : « Je ne suis pas une chanteuse Vip »

Des fans d’autres villes du Cameroun que Douala et Yaoundé m’ont envoyé des mails pour me dire qu’ils aiment ce que je fais. Je voudrais leur donner la chance de me voir sur scène. Je ne me suis jamais considérée comme une chanteuse Vip. Je suis une jeune chanteuse et je n’aimerais pas que le public pense que je suis inaccessible. Or, les Alliance franco-camerounaises et les Ccf nous permettent d’avoir des concerts à des prix abordables (2000Fcfa, ndlr) et sont des lieux où on peut atteindre les jeunes.

On ne voudrait pas capitaliser le concert ou le « Vipiliser ». Un an après l’album Mispa, le bilan est positif. Les gens l’ont intégré dans leur univers musical. Mais nous avons le sentiment que ça reste à Douala et à Yaoundé. Or, je veux toucher toutes les régions du Cameroun.

Propos recueillis par S.D.

Le jour

Martin Ambara : Esthète du théâtre africain


Le metteur en scène actuellement en tournée écrit et fait jouer selon le substrat des traditions qui le portent.

Quand Martin Ambara regarde aujourd'hui son parcours dans le milieu du théâtre, il doit se dire qu'il revient de loin. Lui qui plus d'une fois a jeté l'éponge pour finalement replonger après des escapades comme sait en produire la vie sous les tropiques. Car si déjà enfant il avait fait du théâtre sa voie, il reste que nombre d'écueils ont à plusieurs fois voulu le détourner d'une volonté qui ne l'a jamais véritablement quitté.
Mais en regardant dans le rétroviseur, il doit aussi sourire. Tant les rencontres furent enrichissantes. Comme celle d'avec Michèle Robert. Qui arrivée au Cameroun avec Roland Fichet en 2004 est tombée sous le charme d'une pièce alors en représentation au Ccfv. Pièce qui avait pour titre "Acte neuf scène dernière " et dont la mise en scène fascina la Française qui à son retour invita le Camerounais pour un séjour qui allait lui ouvrir les portes de la scène internationale qu'il n'a depuis plus quitté.


Avant Acte neuf scène dernière, que le parcours fût chaotique. Après des études stoppées involontairement en fin de cycle secondaire, le jeune adolescent passionné de philosophie allait s'adonner, contre fortune bon cœur, à la lecture. Dévorant alors les bouquins d'un aîné inscrit à l'université de Yaoundé qui connaissait en ce début des années 90 une effervescence qu'on ne lui avait pas connu jusque là. "Ce furent de dures années où j'appris beaucoup de la vie et des hommes ", lâche-t-il aujourd'hui.
Une période où le pain noir fût à la mode. Jusqu'à ce qu'il rencontre François Bingono, un ancien du théâtre universitaire qui l'aura aidé à trouver sa voie. Cette voie de l'enracinement dans la culture africaine où baigne le metteur en scène depuis toujours. "Avec lui, j'ai appris la dimension anthropologique du théâtre. Il me disait toujours regarde et regarde bien, tu comprendras alors que même mille ans de théâtre ne pourront pas rendre suffisamment compte de notre culture, tellement elle est vaste même si elle apparaît au premier coup comme une improvisation permanente". Aujourd'hui encore il n'hésite pas à effectuer le pèlerinage chez ce mentor auprès duquel il continue d'apprendre ; et ce malgré les hauts et les bas de leur relation.


C'est d'ailleurs au cours d'un intermède de celle-ci qu'il se rendra à Bafoussam où il passa un an auprès de son ami Wakeu Fogaing d'Alabado théâtre (la troupe de Bingono) qui venait de monter la compagnie Feugham et dont la devise épousait parfaitement la ligne philosophique et esthétique de leur maître. Il y croisera aussi Kouam Tawa avec qui il forme aujourd'hui les valeurs montantes du théâtre africain.
Aujourd'hui donc, Martin Ambarra, sans être satisfait de son parcours est tout de même fier de ce qu'il a accompli. En 2007, et après avoir dirigé une troupe internationale dans le cadre de la mise en scène d'une pièce de l'exigeant Dieudonné Niangouna (qui sera au Cameroun dans les prochaines semaines avec sa fameuse pièce Les inepties volantes), il créait L'épique des héroïques. Qui fut bien reçu malgré le parti pris de Martin pour une écriture complexe. Lui qui pense que "le spectateur doit venir au théâtre pour participer à la création.

C'est de mon point de vue par là que nous allons avancer. Après avoir étudié les grands maîtres étrangers, j'ai compris cela et crée en fonction. Je ne pense pas qu'il faut toujours tout mâcher pour le public. A lui de faire l'effort de s'ajuster, car le travail que je fais aujourd'hui doit pouvoir survivre à mon départ".
Alors même que l'on se demandait où il était passé, le voilà qui revient avec Osiriade S.G 21. Une critique de la société actuelle, où l'art a perdu de la vitesse, à partir de la figure d'Osiris. Œuvre qui a entamé une heureuse tournée. Mais déjà, Martin pense à autre chose. En mettant sur pied le laboratoire Othni à Yaoundé, il veut donner la possibilité à tous ceux qui rêvent de faire carrière dans le métier d'y aller apprendre les rudiments nécessaires. Au moyen d'archives conséquents et de maîtres d'ici et d'ailleurs qi ne demandent qu'à rendre service. Afin que vive l'expression artistique africaine.

Écrit par Samuel Ngue on Vendredi, 09 Avril 2010 00:51

http://quotidienmutations.info/


Hommage : Calixte Beyala raconte Manu Dibango


Avec ce documentaire portrait, la romancière camerounaise s'ouvre une brèche dans la réalisation.

C'est le 29 mars dernier, à La Villette (France) qu'a eu lieu l'avant-première du documentaire "Rencontre avec Manu Dibango, pionnier de la world music " dont l'écrivaine franco-camerounaise Calixte Beyala a écrit le scénario alors que Pascal Vasselin en a assuré la réalisation. Il s'agit en effet d'un portrait intime de ce musicien mythique, qui depuis bientôt 55 ans, berce les mélomanes du monde entier. Le film sera ensuite diffusé sur France Télévisions (France 5 Vendredi 9 avril 2010 à 20h35, Rediffusion : Dimanche 11 avril 2010 à 07h55).


Dans ce documentaire de 55 minutes, la romancière qui pour l'occasion a endossé le rôle de scénariste raconte la vie du célèbre artiste camerounais. On découvre en l'homme une bibliothèque ouverte sur soixante-dix années de soubresauts et d'inventions musicales. Né en 1933 à Douala, le père de Soul Makossa révèle ce qui l'a nourri et construit : l'Afrique natale, l'Europe d'adoption, l'Amérique des jazzmen, le panafricanisme musical… Entre des éclats de rire qui font aussi la renommée du personnage, portrait d'un saxophoniste et compositeur de talent. A ce propos, il confie dans le documentaire : "Je suis né sous la colonisation - même si on était sous protectorat, c'est la même chose -, mais je suis né quelque part français.
En fait, au départ, je suis une espèce de métis et je suis issu de deux ethnies différentes. (…) J'ai été élevé avec amour, mais d'une façon très dure. La musique est entrée dans ma vie normalement par l'église, parce qu'on y allait tout le temps. Les premières musiques que j'ai entendues, ce sont des chorales. J'ai toujours été amoureux de tout ça, ça me rendait tout chose"!


Pour la romancière qui se dit liée au saxophoniste de renommée internationale d'abord par les origines camerounaises et par l'association Collectif égalité dont elle est initiatrice et porte-parole que le musicien a rejoint peu après sa création, c'est un plaisir de participer à un tel projet.
A propos de son départ du Cameroun et de son arrivée en France, il confie : "Le vrai sentiment, c'est la solitude. Tu as 15 ans, tu es loin de tes parents et tu es dans un milieu occidental où tu n'as jamais vécu. Tu arrives dans ce milieu-là et il n'y a pas quelqu'un qui te ressemble. Ça te donne un sentiment terrible de tristesse. A 17 ans, les sensations sont très fortes et tu es à la recherche de ton identité. Tu en as perdu une partie parce que tu n'es plus en Afrique. Et pour en trouver une autre ici, tes héros sont des Noirs (américains), qui ne sont pas les mêmes Noirs. Pour beaucoup de raisons, tu te posais sur eux et tu rêvais de l'Amérique à travers eux".


A 75 ans, le père du " soul makossa " confie : "Il y a un proverbe qui dit qu'à partir de 70 ans, tout ce qui se passe après, tu manges la part du Bon Dieu. Je suis en train de la manger ". c'ets avec ce rire tonitruant qui le caractérise qu'il raconte sa première expérience avec le saxophone. "Dans une colonie de vacances, j'avais un copain qui avait un saxophone (…). Il me l'a prêté et j'ai commencé à jouer.
Au départ, ce n'était pas une folle histoire d'amour, parce que ça me chatouillait les lèvres et, petit à petit, la musique a pris le pas sur les études, jusque fin 1956, où mes parents m'ont coupé les vivres parce qu'ils ont appris que je faisais le saltimbanque en France. J'avais besoin d'un instrument de musique. J'ai commencé par la mandoline. C'était mon compagnon et en même temps ma confidente. Toutes mes joies et mes peines passaient sur elle."
Aujourd'hui, l'artiste a rejoint le palmarès des grands musiciens mondiaux mérite bien cet hommage qui lui est rendu. Après celui de son pays en 2007. Après avoir joué avec Nino Ferrer , Dick Rivers et Serge Gainsbourg , ce sont Michael Jackson et Rihanna qui ont repris ses chansons et mélodies dans leurs tubes. Tout le monde connaît et reconnait en effet le sample "mama-sé mama-sa mama ma-ku-sa" du "Wanna Be Starting Something " de Michael Jackson sur "Don't Stop The Music" de Rihanna.

Repères

Rencontre avec Manu Dibango, pionnier de la world music
Durée: 52'
Auteur: Calixte Beyala
Réalisation: Pascal Vasselin
Genre : portrait
Type : documentaire
Collection documentaire: "Empreintes" (France 5)
Production: France Télévisions / 2P2L
Année 2010
Pays de production : France

Écrit par Samuel Ngue on Vendredi, 09 Avril 2010 00:14

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mardi 6 avril 2010

Musique : Charlotte Dipanda remet ça


Après une série de concerts donnés l'année dernière, l'auteur de " Mispa " revient au Cameroun pour une tournée nationale.
Un an après son passage dans les salles de spectacle de Douala et Yaoundé, Charlotte Dipanda revient au Cameroun pour une autre série de concerts. A la faveur d'une tournée baptisée " Mboa Tour ", l'artiste se produira dans 7 villes du pays. Les salles de spectacles du réseau culturel français abriteront notamment les différentes prestations. Il s'agit en l'occurrence de centres culturels français et alliances franco-camerounaises de Yaoundé (09 avril), Buéa (13 avril), Bamenda (15 avril), Dschang (17 avril), Garoua (21 avril) et Maroua (23 avril). A Douala, le Centre culturel français Blaise Cendrars ne pouvant probablement pas contenir tous les fans de Charlotte Dipanda de la capitale économique, l'ouverture du bal se fera au Castel Hall à Bonapriso ce mercredi 07 avril 2010. Question de journaliste à Charlotte : " Pourquoi un tel intérêt artistique pour la destination Cameroun en l'espace d'un an ? ". "Vous allez devoir supporter de me voir", ironise l'auteur de Mispa. “Tant qu'il y aura des promoteurs culturels pour m'inviter au Cameroun, je reviendrai aussi souvent que j'en ai envie. Parce que je suis Camerounaise et je n'ai pas à le revendiquer ", clame-t-elle visiblement agacée, au cours d'une conférence de presse tenue hier, 05 avril au Centre culturel français Blaise Cendrars de Douala.

Pour ceux qui craignent un air de déjà vu et entendu, Charlotte promet des innovations pour les concerts à venir. Aussi annonce-t-elle des versions remixées de quelques titres de son premier album "Mispa". Le public aura à savourer les 12 titres de cet opus, avec une autre coloration rythmique et musicale. Charlotte avise qu'elle interprétera d'autres chansons inédites. Par ailleurs, promet-elle, Gaëlle Wondje assurera au chœur et au chant. L'équipe immuable est quant à elle constituée de Jean Pestre à la guitare, Arthur Manga à la basse, " Petit jean ", à la batterie. En plus de faire redécouvrir l'album "Mispa" au public du Cameroun, Charlotte Dipanda compte également échanger avec des artistes des différentes régions où elle devra se produire. " Le Cameroun a une richesse rythmique qu'il m'importe de découvrir. Jouer en compagnie d'artistes différents à chaque fois, me permet de m'inspirer de cette richesse ", avoue-t-elle. Surtout qu'elle dit concocter son second album tout en savourant le succès que lui concède le premier.
Depuis la sortie de " Mispa ", l'artiste enchaîne des concerts à ici et ailleurs. Le dernier en date est celui donné à Londres le 27 mars dernier. " Je suis heureuse de l'accueil que le public camerounais a réservé à l'album " Mispa ", déclare celle qui est nominée dans cinq catégories pour les " Canal d'or " de la chaîne de télévision privée Canal 2 International.

Monique Ngo Mayag

Mutations

http://www.quotidienmutations.info/avril/1270550641.php

Charlotte Dipanda en tournée "sentimentale" au Cameroun


"J'ai reçu un écho favorable de mon album MISPA qui va m'ouvrir les portes du grand label; supportez de me revoir; tant qu'il y aura des organisateurs de spectacle qui vont m'inviter, je viendrai au Cameroun; mes vrais trophées sont les spectateurs qui viennent à mes concerts et tous les fans qui écoutent ma musique", c'est ainsi que parlait Charlotte Dipanda hier 05 avril 2010 au cours d'une conférence de presse.

En compagnie d'Arthur Manga, Petit Jean Abanda, Gael Wondje et Julien Pestre, Charlotte Dipanda entame en effet par Douala (au Castel hall de Bali à 20 heures le mercredi 07 avril 2010), une tournée au Cameroun, son pays natal; cette tournée "MBOA TOUR" va l'emmener ensuite à Yaoundé le 9 avril, à Buéa le 11 avril, à Bamenda le 15 avril, à Dschang le 17 avril, à Garoua le 20 avril, à Maroua le 23 avril et à Ngaoundéré le 24 avril 2010.

Anne K.

Kai Walai


CHARLOTTE DIPANDA - BWEL
envoyé par cherazone. - Clip, interview et concert.

http://www.kwalai.com/index.php?option=com_content&view=article&id=2355:charlotte-dipanda-en-tournee-qsentimentaleq-au-cameroun&catid=104:spectacle&Itemid=28

Cameroun: L’art contemporain se donne à voir


Le Centre National des Arts Plastiques organise une série d’exposition dans trois villes du pays

Une centaine d’œuvres d’art pour une cinquantaine d’artistes venus du monde entier. Ainsi se présente le cliché de cette exposition majeure que nombres d’observateurs qualifient déjà de manifestation inédite en Afrique Sub-saharienne. À l’invitation de l’ambassade de France au Cameroun, c’est le Centre national des arts plastiques (CNAP) qui organise l’évènement, avec la présentation d’oeuvres de sa collection, le fonds national d’art contemporain. Trois villes vont abriter les expositions, chacune des villes ayant un thème bien précis.

Douala/Centre d’art Doual’art: «Figures de rêve»
Une sélection de dessins contemporains est proposée sur la problématique de l’homme dans son environnement, de ses rêves et de ses cauchemars, depuis la fantasmagorie des contes jusqu’à son quotidien revisité. Les artistes invités sont principalement français tels, Jean-Luc Blanc, Béatrice Cussol, Damien Deroubaix, Frédérique Loutz, Jean-Jacques Rullier, Fabien Verschaere, Christophe Vigouroux. On note la présence, d’une installation de Hugues Reip, dialogue avec une vidéo de William Kentridge. Marc Couturier vient réactiver une installation présentée avec une série de dessins. Des dessins de Barthélemy Toguo et de Pascale Marthine-Tayou, artistes camerounais, seront également présentés. Des vidéos de Stephen Dean, Laurent Grasso, Christian Lebrat, Isabelle Levenez, Mrzyk et Moriceau, Hugues Reip et Xavier Veilhan et Nil Yalter complètent cette proposition.

Yaoundé/Centre culturel français: «Décalages»
L’exposition «Décalages» propose une sélection d’oeuvres qui présentent toutes un écart entre le sujet abordé et leur réalisation. Pierre Bismuth et Étienne Bossut posent à leur manière la question de la sculpture. Christophe Cuzin redéfinit en le réduisant l’espace de la salle d’exposition qui accueille des oeuvres «décalées» de Philippe Cazal, Pascal Convert, Johan Creten, Christine Crozat, Wim Delvoye, Damien Deroubaix, Koo Jeon-A, Bertrand Lavier, Olivier Leroi, Joe Scanlan et de Françoise Vergier. Des vidéos d’Absalon, Guy Ben-Ner, Claude Closky, Serge Comte, Stephen Dean, Marie Denis, Éric Hattan, Valérie Mréjen, Alexandre Périgot complètent le propos. Des étudiants de l’université de Yaoundé participeront à la réalisation in situ des oeuvres de Pierre Bismuth et de Christophe Cuzin. Barthélémy Toguo interviendra à l’université de Yaoundé I, aux centres culturels français de Yaoundé et de Douala.

Bandjoun/Bandjounstation: «Passions»
Construit et imaginé par Barthélémy Toguo comme espace de production et d’accueil d’artistes, Bandjounstation propose une programmation de vidéos sur des artistes contemporains dont Christian Bolstanski, François Morellet, Daniel Buren, Jean Tinguely, Arman, Orlan, Annette Messager et Wang Du.

Alix Fétué
Journal du Cameroun

http://journalducameroun.com/article.php?aid=4713

Les CD et autres DVD contrefaits prolifèrent dans les villes en toute impunité


La révolution numérique et la vulgarisation des technologies de l’information accélèrent le phénomène très ancré dans les mœurs


Plus rien ne va, le métier d’artiste musicien, de comédien ou de cinéaste ne nourrit plus son homme. Mis en cause, la rude concurrence imposée par les contrefacteurs. Jamais auparavant, la prolifération des CD et DVD audio et vidéo n’a connu une percée aussi fulgurante. Les mélomanes issus de toutes les couches de la société se bousculent plutôt devant les comptoirs des marchands ambulants de CD et DVD venus tout droit des antres des usines de fortune spécialisées dans ce que l’on appelle la «piraterie».

A travers les rues, des kiosques sont érigés dans le but de proposer aux passants ces produits bon marché. A longueur de journée, de nombreux jeunes déambulent dans les rues avec ces produits à la main et même dans leurs sacs à dos. Ils n’hésitent pas à prendre d’assaut les bars, les bureaux, les restaurants et autres lieux où il y a de l’affluence. Partout, on retrouve les lieux et les points de vente où foisonnent ces disques. A tout venant, le CD est proposé et le prix taxé. Cette marchandise venue des pays voisins en l’occurrence du Nigeria est aussi exposée au regard des passants. Un business qui attire les foules. Celles-ci choisissent le CD ou le DVD et payent le prix convenu selon que le film ou l’artiste a le vent en poupe ou non. Ils sont bien conscients que ce sont bien là des produits de la «piraterie» pour ne pas dire de la contrefaçon. Les CD et DVD sont d’ailleurs vendus à la tête du client, les prix variant entre 250 et 1000 francs CFA.
Il n’y a qu’à voir la présentation physique : étuis détachables, étiquettes approximativement montées avec très souvent des titres qui n’ont rien à voir avec leur contenu. Tout cela prospère. Quand on interroge les vendeurs sur leurs sources de ravitaillement, ils affirment qu’ils s’approvisionnent sur place et ignorent tout de la source principale. Quant à la qualité du produit vendu, ils haussent les épaulent avant de lâcher, je ne peux me prononcer dessus, je sais seulement que c’est la même chose que les gens vendent et achètent partout. Même les grands responsables achètent nos CD piratés.

Le déferlement de ces produits contrefaits sur nos marchés est bien inquiétant et les artistes y assistent impuissamment. Leur seule volonté ne pouvant suffire à endiguer le fléau. Et pendant que les autorités en charge de la lutte contre la contrefaçon des supports musicaux attendent de se doter des moyens pour leur stratégie, l’affluence vers ces produits audiovisuels contrefaits va croissante au grand bonheur des vendeurs et même des consommateurs. Une situation que vient encourager la vulgarisation des outils informatiques de gravure et surtout la baisse drastique du prix d’un CD ou d’un DVD vierge vendu à partir de 100 francs CFA seulement. Il faut bien faire quelque chose!

Maturin Petsoko

Journal du Cameroun

http://www.journalducameroun.com/article.php?aid=4709

La diva camerounaise Annie Anzouer partage ses 20 ans de carrière musicale


Elle sort un album de 14 titres dans lequel elle partage tout: sa voix, ses émotions et l’affiche!

Parlez nous de l’album qui va sortir dans les prochaines semaines?
Mon nouvel album c’est la maturité. J’ai muri dans la manière de voir les choses. La touche particulière de cet album est que c’est moi qui ai arrangé la quasi-totalité des titres sauf quelques chansons comme «jardin secret» que j’ai fait arranger par un jeune camerounais qui s’appelle Marcien Oyono, qui est un très bon guitariste; «touché tam tam» que j’ai fait arranger par mon batteur, Epagna Kastro.

Dans votre prochain album vous avez des duos avec certaines de vos choristes, qu’est-ce qui a motivé ces associations?
J’ai fait des duos parce que cet album, je l’ai appelé «Partage». J’ai eu envie de partager des avis et de l’émotion! J’ai fait venir trois jeunes chanteuses parmi lesquelles Lou Ze ma choriste depuis mes débuts, deux autres que j’ai découvert à Douala, Sandrine Mengue et Sahel. Je n’ai pas fait de casting particulier. Je voulais qu’il y ait un équilibre, mais la chose s’est présentée de la sorte. J’ai également des duos avec Valérie Belinga qui a été une choriste de Manu Dibango; avec mon fils aîné Jack Anzouer et son petit frère. C’est ça le partage pour moi.

Comment avez-vous préparé cet album partage?
J’avais commencé l’album en 2008. J’étais allée voir mon ancien arrangeur qui a une sensibilité zouk. Nous avions travaillé ensemble sur de beaux zouk et d’autres titres. Après je me suis dite que pour mes 20 ans, les Camerounais m'ayant connu dans un autre style et un registre, il faudrait que je leur livre cela à fond. J’avais déjà payé une grande partie des frais de studio, arrangements et tout le reste. J’ai arrêté. Je suis allée au Cameroun et j’ai tout recommencé à zéro. C’est comme cela que je fonctionne. En fait, le gouvernement m’avait invité à ce moment là aussi pour un festival. Après, je me suis mise à refaire tout l’album. Je ne suis pas déçue. Je crois que le public sera aussi satisfait.

Qu’est ce qui est au programme de vos 20 ans de carrière?
Pour mes 20 ans de carrière, je voudrais faire une grande fête. En fait, elle aurait dû avoir lieu en 2008, parce que ma première sortie avec le Zangalewa c’était en 1988. Nous avons parcouru toute l’Afrique australe: Nairobi, Tanzanie, Zambie, Zimbabwe, … Je ne voulais donc pas fêter mes 20 ans toute seule.

Que répondez-vous à ceux qui disent que vous êtes une grande dame de la musique?
Ce n’est pas moi qui le dis. En ma langue (ngoumba-kribi) «Le porc ne peut pas dire, oui, là je suis gras, on peut me manger». Les gens le constatent et le disent. Moi, je ne sais pas me juger. Je sais que j’ai au fond de moi quelque chose à donner et j’essaie de le faire.

Parlez nous de votre duo avec Chantal Ayissi, comment avez gérer cette rencontre?
Rires. Ça c’est passé le plus simplement possible, parce que Chantal Ayissi est une grande dame. C’est une femme que je respecte beaucoup. Elle n’aime pas voir un Camerounais dans la détresse. Elle est toujours entrain de tendre la main. Je suis revenue du Cameroun et pendant que je pensais à travailler, je n’avais pas encore commencé mon album, elle m’a proposé ce duo avec elle. Elle est venue me chercher, je suis allée en studio avec elle. Je pense que c’est aussi mon côté «fou» qui ressort de la sorte. Je suis rentrée dans la peau de Chantal pour faire ce Bikutsi là.

Comment a réagi votre fils quand vous lui avez proposé de faire un duo avec lui?
Mon fils aîné Jack a une très belle voix, ce n’est pas moi qui le dis. Tous ceux qui l’entendent chanter le confirment. Quand il était plus jeune, les gens voulaient déjà que je chante avec lui. Mais ce n’était pas son affaire. Il voulait aller à l’école. Là, il est en Master 2 finances. Il fait de la musique par plaisir pour soutenir sa maman. Ils (ses deux fils) sont mes premiers critiques. Je pense que je me rajeunis en les écoutant. En plus des critiques, ils m’encouragent et me soutiennent aussi.

A plus de 40 ans, quel est le secret d’Annie pour rester aussi jeune?
Ma jeunesse réside dans mon fond intérieur. Je suis quelqu’un qui positive tout ce qui m’arrive. Même quand je suis dans les moments les plus difficiles, les moments les plus bas. Il y a toujours une voix qui susurre Annie ne te décourage pas. Je suis toujours entrain de sourire, mais quand on me voit, on ne peut pas savoir que j’ai des problèmes. Je pense que c’est cela qui fait que je paraisse toujours jeune.

Est-ce que vous destinez l’un ou vos fils à la musique?
Je pense qu’ils sont chacun atteint du virus de la musique. Oui! Tous les deux composent. Jack écrit, il a une belle voix, et il commence à me donner des idées pour des arrangements et le reste. Donc, je pense qu’il a un plus dans le domaine de la musique, par rapport à l’autre Gizly. Lui, il écrit, mais fait davantage du rap. Dans notre duo, il y a introduit du rap. Je ne piquerais pas de crise si l’un ou l’autre ou même les deux font de la musique. Car c’est grâce à la musique qu’ils sont là. Je suis arrivée en France en tant que chanteuse. Ils sont partis du Cameroun pour la France, parce qu’il y a un Américain qui était fou de ma voix et a demandé à l’ambassadeur de tout faire pour que ces (mes) enfants aillent en Europe faire des études. C’est grâce à la chanson qu’ils sont là avec moi. L’essentiel, c’est d’être bien dans ce que l’on fait.

Lorsque Annie est en France, que fait-elle?
Malgré le fait que ce soit difficile, j’ai fait d’autres formations, mais je ne m’y reconnais pas. Je ne me vois pas entrain de faire autre chose que la musique. Je suis traumatisée lorsque je vois des gens malades, je ne me vois pas à l’hôpital. Je ne peux pas faire autre chose, même le commerce, je n’y arrive pas. Quand je vais en tournée ou à des invitations, je me préoccupe de faire plaisir aux gens par ma voix que de tout faire pour vendre mes CD. Je pense qu’il faut faire ce qu’on aime, si on a la chance de le faire.

Vos projets après la sortie de l’album?
Je sors un single. Le titre: «Je suis française». C’est un Français, Jean Maris Mallet qui le produit. Il m’a vue chanter et est tombé amoureux de ma voix. Il parie sur moi avec ce titre là. Tout est prêt pour la sortie dans les prochaines semaines. J’ai déjà réalisé un premier clip qui est terminé. Après, je prépare l’album world. Jean Marie Mallet m’a proposé de commencer par le single. Si tout se passe bien, nous ferons un album world. Les gens découvriront de la sorte une autre facette d’Annie Anzouer. Comme j’ai baigné dans ma culture traditionnelle, j’ai plein de chose à faire en mélangeant avec d’autres sensibilités. On verra ce que ca peut donner.

Votre conseil aux jeunes chanteurs?
Il ne faut pas faire la musique parce que quelqu’un d’autre l’a fait. Il faut faire parce que l’on aime. Il faut être très patient. Travailler beaucoup et puis faire appel à celui qui nous a créés. C’est lui qui sait comment il gère nos vies.

Toutes vos chansons racontent-elles toujours une histoire? Ont-elles toujours un thème?
Je le fais tout naturellement. Je ne m’assoie pas en me disant qu’il faille que j’éduque les gens, que je fasse ci ou ça. Je me rends compte, qu’à chaque fois que j’écris une chanson, il y a un message derrière. Même si c’est pour danser, derrière la danse il y a un message. Même cela, je ne l’ai jamais calculé. C’est maintenant que je prends conscience de cela.

dimanche 4 avril 2010

Ecrans noirs 2010 : Le temps du débat - Dixit Bassek ba Kobhio !

Sur Sango Malo
« Mon rêve de collégien, c’était de devenir écrivain, et je l’ai réalisé : Sango Malo, le maître du canton a d’abord été un roman. Mais, très tôt, j’ai compris qu’en Afrique un écrivain ne peut communiquer qu’avec un public extrêmement limité (...). Le cinéma a l’avantage de parler au plus grand nombre (...). Il suffit d’assister dans une de nos salles à la projection d’un film africain. Les hommes, les femmes, les enfants crient, pleurent, chantent, rient en fonction de l’action qu’ils commentent abondamment. Ils participent au spectacle avec toute leur sensibilité et le vivent profondément. Au moment où, chez vous, les urgences sont si nombreuses, j’ai voulu profiter de cette extraordinaire réceptivité au cinéma pour aborder avec ce public actif les thèmes qui me préoccupent et me concerneront. »

Sur Le silence de la forêt
« Il s’agit d’une adaptation d’un roman fort que je connaissais déjà, et qui dit bien la Centrafrique avec ses richesses, sa beauté, sa chaleur humaine, mais aussi ses contradictions, son instabilité politique, ses conflits sociaux larvés, comme partout en Afrique centrale. Il y avait une mise en relief d’un groupe important du pays et de la région qu’on gagnerait à connaître et à faire connaître, les Pygmées, victimes d’un racisme incroyable. Il y avait la dénonciation des comportements d’une élite arriviste et corrompue. Je n’ai pas résisté plus longtemps à l’idée de produire ce film. »

Ecrans noirs 2010 : Le temps du débat

Colloque : Comment peuvent interagir la littérature et le cinéma ?

Des écrivains et des cinéastes vont jeter les bases d’une indispensable coopération qui a fait ses preuves ailleurs lors d’un colloque organisé en marge du festival Ecrans noirs 2010.
Sembène Ousmane restera pour longtemps encore, une figure de proue de ce que l’Afrique aura engendré comme grands hommes de culture. Ecrivain, il aura marqué plusieurs générations de ses textes aussi engagés que truculents. Cinéaste, il aura laissé une œuvre d’une beauté exceptionnelle. Ils ne se comptent plus, les succès de librairie qui ont autant été des succès du box office mondial. En Afrique aussi, et singulièrement au Cameroun, un nombre sans cesse croissant d’œuvres d’écrivains inspirent les scénaristes, qui y puisent abondamment pour réaliser leurs films.

La première expérience camerounaise d’adaptation d’une œuvre littéraire au cinéma a été incontestablement, celle de Sango Malo, sorti en 1991. Le premier long métrage du réalisateur camerounais Bassek ba Kobhio est en réalité la transposition au cinéma de son roman «Sango Malo, le maître du canton», édité en 1991 chez L’Harmattan dans la collection Encres noires. Le film se déroule dans un village du Cameroun. Lebamzip, une bourgade située à quelques kilomètres de Sa’a, s’apprête à vivre une rentrée des classes ordinaire. Mais l’arrivée d’un nouveau maître d’école, Bernard Malo Malo, va vite provoquer bien des remous. Jeune homme libertaire, fraîchement sorti de l’École Normale des Instituteurs de Yaoundé, Malo Malo conçoit l’enseignement comme une ouverture sur le monde. Avec ses élèves, il passe autant de temps en classe que dans les champs et aborde tous les sujets, la politique comme la sexualité. Ces méthodes, qui ne plaisent guère au directeur de l’école, rendront inévitable l’affrontement entre les deux hommes. Une saison durant, le village de Lebamzip vivra des moments peu ordinaires, à la fois terribles et merveilleux. Sango Malo propose une réflexion à propos du système éducatif et des valeurs traditionnelles de la culture africaine que son auteur, Bassek Ba Kobhio, matérialise avant tout sous la forme de roman littéraire.

D’autres œuvres ont été adaptées au cinéma. «Le silence de la forêt», l’autre film produit par Bassek ba Kobhio et coréalisé avec Didier Ouénangaré, est une adaptation du roman éponyme d’Etienne Goyémidé, publié chez Hatier en 1984. Sorti en 2003, le film retrace l’odyssée d’un instituteur, Gonaba. Nommé Inspecteur des Ecoles à Bangui après des études en France, décide brusquement de tout abandonner pour aller vivre au cœur de la forêt équatoriale, domaine des pygmées Babingas. Son projet : les aider à s'émanciper des "hommes grands" dont le racisme lui est intolérable, quarante ans après l'indépendance du pays. Au terme d'une longue épreuve, une vérité immuable : le bonheur est la chose la plus relative au monde.
Enivré par le plaisir que l’écrivain devenu cinéaste éprouve en adaptant des succès de librairie au cinéma, Bassek Ba Kobhio, le président du festival Ecrans noirs, a proposé un colloque qui lance les passerelles de collaboration entre les deux genres. Pressentie pour modérer les échanges qui auront lieu entre les professionnels des deux formes d’expression artistique, Mary Ndiaye, l’écrivaine prolifique sénégalaise de “Trois femmes puissantes” publié chez Gallimard en 2009, et de “Rosie Carpie” paru aux Editions de minuit en 2009, et coscénariste de «White material», le film de Claire Denis qui sera prjteté en clôture de la 14ème édition du festival Ecrans noirs 2010, l’auteure partagera son expérience de l’adaptation cinématographique des œuvres littéraires avec d’autres professionnels de littérature et du cinéma. Un rendez-vous considéré comme une attraction du festival 2010.

ÉCRIT PAR JACQUES BESSALA MANGA

http://www.quotidienlejour.com/double-page-/reportage/1740-ecrans-noirs-2010-le-temps-du-debat

Sociladra : Elise Mballa annonce une répartition la semaine prochaine


La Pca a également dit pour bientôt la tenue d’une Assemblée générale, au cours d’un point de presse hier à Yaoundé. Ce point de presse n’est pas une réunion pour faire le bilan de la Sociladra », a averti Elise Mballa Meka, d’entrée de jeu, avant de donner les points à l’ordre du jour : les activités du Conseil d’administration, le bilan financier, les problèmes de la Société civile de la littérature et des arts dramatiques (Sociladra) et ses perspectives.
Sur le bilan financier, Elise Mballa prévient qu’il lui serait difficile de donner tous les chiffres. Elle indique cependant qu’en 2007, la Sociladra a reçu une subvention de 40 millions de Fcfa du ministère de la Culture pour le fonctionnement de la boîte. Entre 2008 et 2010, l’Organisation internationale de la francophonie lui a accordé une subvention d’environ 40 000 euros (environ 26 millions de Fcfa), répartie en deux tranches. La Pca explique que cet argent a servi à la « normalisation des outils de gestion » de la société et au financement d’une campagne de sensibilisation de lutte contre les atteintes aux droits d’auteurs.

Sur les problèmes auxquels font face la Sociladra, Elise Mballa a évoqué le difficile recouvrement des créances au titre du droit d’auteur et des droits voisins auprès des usagers, la piraterie des logiciels qui, au Cameroun, atteint 83% des œuvres en circulation, le refus des entreprises de payer les droits de reproduction par reprographie, qui constitue l’essentiel du portefeuille de la Sociladra. Elise Mballa a aussi fait comprendre aux journalistes qu’en dehors de la Crtv, qui, n’a pas payé en 2009, aucun organe de presse ne paie ces droits. Autant de difficultés par lesquelles elle explique que jusqu’à ce jour, l’Assemblée générale (Ag) ne s’est pas encore tenue, alors même que le mandat de l’actuel conseil d’administration a expiré depuis le 26 janvier dernier. Un retard qui, reconnaît-elle, a créé un climat délétère au sein de la société et « entraîné l’activisme de quelques membres ». La Sociladra se réserve le droit de « porter les actes de débordements devant des instances internes créées à cet effet », menace-t-elle.

Quant aux perspectives, elles ne sont « ni sombres ni incertaines pour les artistes et la Sociladra ». Elise Mballa en veut pour preuve la répartition des droits aux ayants droit, qu’elle annonce pour la semaine prochaine, et la convocation, « dans les prochaines semaines », d’une Ag, «en accord avec le ministre de la Culture ».

Au final, plus que la volonté déclarée de souhaiter une bonne année aux journalistes, le point de presse avait pour but de calmer « les artistes membres de la Sociladra et les prier d’atte ndre sereinement la publication de l’agenda officiel de notre échéance électorale ». Et, sans aucun doute aussi, de rassurer le ministère de la Culture, la tutelle, les partenaires et les usagers. Cela, après les sit-in des artistes membres de la Sociladra devant le siège à Yaoundé et devant sa représentation régionale à Douala, il y a quelques jours. Ils réclamaient la convocation immédiate d’une Ag et invitaient les usagers à suspendre le paiement des redevances jusqu’à la régulation de la situation à la Sociladra.

ÉCRIT PAR STÉPHANIE DONGMO